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Irlande

Irlande

Bien que l’Irlande ne se soit officiellement alliée à la Couronne qu’en 1846, date à laquelle le pays a intégré le Grand Royaume, beaucoup d’éléments portent à croire que son peuple était déjà aux mains de la Reine à une époque bien antérieure. L’influence politique que la Couronne y a cultivée depuis les années 1820 est particulièrement forte, de sorte que la population irlandaise perçoive généralement la Reine Victoria comme leur souveraine légitime : les puissants d’Irlande lui sont en grande majorité des plus favorables, et, de ce fait, l’île collabore activement avec la Couronne. Néanmoins, malgré cette entente prospère et les échanges de richesses qui en découlent, la population irlandaise souffre depuis plusieurs années d’un grand appauvrissement culturel. Le pays a progressivement perdu son identité propre, supplantée à force d’altérations insidieuses de sa mémoire collective par la culture et l’histoire de l’Angleterre. Complice active de ce déclin, la Lady Commander Elizabeth de Trois-Fontaines est chargée de la gestion du pays comme s’il s’agissait d’un Land d’Angleterre à part entière.

Dublin

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Irlande s’efforce de remodeler la mémoire et la culture de sa population ; cependant, Dublin, principale cité du pays et siège de la Lady Commander Elizabeth de Trois-Fontaines, est la seule dont les autorités aient véritablement mis en vigueur une loi anti-culturelle. De ce fait, et depuis 1850, les ouvrages littéraires et historiques qui ne sont pas inscrits sur la liste officielle en sont strictement bannis. C’est au Régulateur des Arts, lequel siège au sublime Château de Dublin, que revient la charge de surveiller la nature des nouvelles productions artistiques, notamment littéraires ; les quelques titres qui parviennent à passer son étroite sélection sont ensuite publiés dans l’unique librairie de la cité : le God Blessed Books Store. Du fait de cette stigmatisation à l’encontre de la littérature, et en conséquence de drastiques changements au niveau du système éducatif local, une très grande partie de la population souffre d’illettrisme, et la plupart des jeunes Dublinois, élevés dans l’ignorance de leurs propres origines, est aujourd’hui persuadée qu’un passé où leur pays n’était pas « marié » à l’Angleterre ne relève que du mythe. C’est également à Dublin, où l’emprise de la Reine perce en tout coins, que se trouve le célèbre Musée des Nobles de la Couronne, un lieu architecturalement très évocateur d’une cathédrale dans lequel sont notamment exposées des statues de marbre à l’effigie des personnages les plus éminents du cercle proche de Sa Majesté.

Belfast

En prenant le contrôle de Belfast dans les années 1820, le diplomate Jervis Clemens nourrissait déjà le projet fou de faire de la cité la « Jumelle de Londres » ; il en découle un chaos qui entend servir l’objectif pourtant irréalisable d’accorder sa carte et son décor à ceux de la Capitale anglaise. Aujourd’hui vieillard très diminué, Clemens n’a cependant rien perdu de son opiniâtreté à mener ce projet à terme, et par conséquent les travaux de transformation demeurent en cours.

Depuis plus d’un demi-siècle, les Belfastois sont ainsi les témoins impuissants de la destruction et de la reconstruction sans fin de leur cité, et sont de surcroît contraints d’imiter les coutumes et les manières des Londoniens de sorte à parfaire l’illusion. En somme, sous l’administration tyrannique de Clemens, Belfast est devenue une vaste et sinistre scène de théâtre, sur laquelle chacun s’efforce de jouer son rôle en permanence. Tout comme la population locale a été dépouillée de son identité propre, les différents points d’intérêt de la ville ne sont guère que de pâles imitations d’homologues londoniens, généralement plus grands et plus prestigieux : tel est notamment le cas du Seek Park ou de la Clock Tower, réplique miniature de la tour abritant Big Ben, ainsi que du Palais de la Victoire, dont l’architecture est identique à celle du Palais de Westminster.

Crimson Bay

C’est à Crimson Bay, ancien village portuaire dont il ne reste aujourd’hui que ses ruines, que les membres de l’expédition GENESIS ont découvert en 1816 la crevasse où se trouvait le premier gisement de Veredium. La région qui entoure les vestiges du port inspire une peur insurmontable à la population locale, laquelle attribue communément la disparition des habitants du hameau à une fulgurante épidémie de Rouille. En réalité, cette croyance populaire a été véhiculée par la Royal Army afin de couvrir la présence d’une unité d’Officiers et de Centurions dans un camp militaire aménagé dans de vastes galeries souterraines, sillonnant telles une immense fourmilière directement sous Crimson Bay. Il s’agit du Limbo Camp, une base de recherche secrète au sein de laquelle des équipes de scientifiques de la Couronne examinent des échantillons de Veredium excavé dans l’ancienne mine afin d’en découvrir de nouveaux usages. Cependant, le Limbo Camp dissimule un autre secret, de plus grande importance : les galeries du labyrinthe débouchent sur une paroi haute d’une dizaine de mètres dans laquelle est creusée la Brèche, un gigantesque portail tourbillonnant qui donne directement sur l’« Autre Monde ». Depuis plusieurs dizaines d’années, une abondante garnison de Soldats se tient prête à massacrer tout intrus qui tenterait de s’engouffrer sur Terre en traversant ce portail maudit.